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 i will try to fix you ✤ marlee&naos.

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GRECQUE ✤ fille de nyx


MessageSujet: i will try to fix you ✤ marlee&naos.   Lun 28 Avr - 13:56


 
i will try to fix you

 
naos & marlee
 

L’arrivée des Amazones avait perturbé le quotidien des pensionnaires. Les bungalows accueillaient tous quelques étrangères, au moins temporairement, et les demi-dieux n’étaient clairement pas tous d’accord sur la durée de ce « temporairement. » Si Marlee s’était portée garante pour elles, cela n’avait pas été le cas de tous les membres de la Colonie. Beaucoup d’entre eux pensaient qu’elles allaient les annexer, tenter de les dominer afin de remplacer leur ancien foyer. Ils craignaient leur réputation. Surtout les hommes, qui voyaient en elles des guerrières misandres qui n’auraient probablement pas hésité à fureter dans leurs bungalows pour refermer un collier d’argent autour de leur cou, si ce n’était les tuer. A l’opposé, les demi-déesses se montraient plus magnanimes et, après de longues discussions, Chiron trancha en leur faveur. D’après la fille de Nyx, ils n’avaient rien à craindre des Amazones. Même si elle était connue pour sa méfiance envers le genre humain, elle sentait qu’elle pouvait faire confiance à Nathaë ; l’ancienne pensionnaire, bien que très peu attirée par le mode de vie des Grecs, n’était pas capable de prendre le pouvoir par la force. Elle respectait Chiron, tout comme elle respectait les jeunes de la Colonie. Elle n’aurait jamais détruit cet endroit. Sauf… L’idée avait germé dans l’esprit de Marlee lorsqu’elle avait aperçu cette lueur déterminée dans son regard bleuté. Sauf si c’était le seul moyen de sauver son peuple. Nathaë aurait clairement tout fait pour que ses compatriotes s’en sortent. Elle avait passé outre sa fierté naturelle pour se rendre jusqu’ici et demander de l’aide aux Grecs. Ce n’était pas dans son tempérament d’être humble, et pourtant. Elle aurait tout fait pour les siennes.

Par prudence, Marlee passait par conséquent pas mal de temps à observer les Amazones – et notamment Nathaë. Elle laissait les ombres l’entourer, se taisait, passait par des chemins détournés. Tout ce qui faisait que les autres pensionnaires frissonnaient sur son passage, elle l’utilisait aujourd’hui pour veiller sur son foyer. La Colonie était devenue sa seule maison et elle avait très tôt décidé qu’elle ne laisserait personne s’en prendre à cet endroit sans combattre. Sans rejoindre le point de vue extrémiste de certains demi-dieux qui voulaient mettre à la porte les Amazones, elle était méfiante. Quand bien même son instinct lui soufflait que Nathaë n’était pas une menace, elle préférait garder l’arme à portée de main et ne dormir que d’un œil. Invisible vigie de la Colonie, Marlee veillait. Le feu de camp approchant à grand pas, la jeune femme quitta son poste pour rejoindre les groupes d’adolescents qui se dirigeaient vers le réfectoire en plein air. Elle chassa d’un geste machinal la poussière qui s’accrochait à son jean slim noir, derniers vestiges de sa journée passée à prendre en filature les guerrières les moins amicales, ses pas la menant directement à la table réservée aux enfants de Nyx. Elle croisa les visages familiers, répondant aux hochements de tête et aux légers sourires avec sincérité. Plus que quiconque, ces personnes la comprenaient et l’acceptaient. Tous n’étaient peut-être pas aussi rejetés qu’elle, mais ils étaient de véritables enfants de la Nuit. A un point tel que nul ne pouvait les égaler.

Elle effleura d’un geste fugace et tendre la chevelure brune d’une enfant de douze ans, encore perdue et impressionnée par ce qu’elle découvrait. Elle était arrivée peu de temps avant les Amazones, n’ayant pas eu le temps de s’habituer à la Colonie et à ses habitants. Son père était un homme bon, qui avait eu le cœur déchiré de la voir s’en aller. Elle lui avait promis de revenir aux vacances prochaines et Marlee savait qu’elle tiendrait sa promesse. Tout ce qu’elle espérait, c’était que les monstres ne lui colleraient pas aux basques. L’enfant releva les yeux vers elle, de grandes prunelles sombres aux reflets marins, son sourire illumina son visage poupin. Elle attrapa sa main au vol, effectua une légère pression, puis elle la relâcha et se concentra à nouveau sur son repas. La première nuit qu’elle avait passée dans le bungalow l’avait soumise à de nombreux cauchemars et Marlee avait été là pour elle. Elle l’avait entendue gémir dans son sommeil, implorant de l’aide, fuyant ses démons intérieurs, appelant son père, priant sa mère. Elle l’avait regardée se débattre avec ses couvertures, avec l’impression de se revoir au même âge, tout aussi perturbée et délaissée. Son corps parlant pour elle, la jeune femme s’était agenouillée devant l’enfant pour caresser sa chevelure d’ébène jusqu’à ce que les pleurs se tarissent et qu’elle retrouve un sommeil paisible. Elle avait répété ce rituel plusieurs fois, jusqu’à ce qu’elle cesse de cauchemarder. La gamine s’était rendu compte de sa présence, mais elle n’avait rien dit. Aucun mot n’avait été échangé durant ces longues nuits. Elles se comprenaient.

Marlee demanda aux nymphes une entrecôte grillée accompagnée de quelques légumes verts, un repas choisi au hasard. Elle déposa dans le feu une bonne partie de sa viande, adressant une prière muette à Nyx. C’était plus une tradition qu’un acte sincère. De toute façon, elle ne savait jamais ce qu’elle devait demander à sa mère. La santé ? Une protection ? Un objet ? Elle n’était intéressée par rien de tout cela. Elle ignorait jusqu’aux raisons de sa présence en ces lieux. Certes, elle était une demi-déesse, mais que faisait-elle encore à la Colonie ? Matthew lui avait demandé ce qu’elle comptait faire. Elle n’avait pas osé lui répondre qu’elle pensait être morte depuis longtemps. Qu’elle n’aurait jamais cru survivre jusqu’à ses vingt ans. Elle porta son assiette jusqu’à la table, picora quelques miettes de victuailles et passa le reste du repas dans ses pensées. La table des enfants de la Nuit était rarement animée. Sans surprise, ils préféraient le silence aux discussions houleuses et bruyantes. Quelques Amazones étaient attablées non loin, murmurant des messes basses dont Marlee saisissait chaque mot. La Lune commençait sa lente ascension dans le ciel étoilé et son pouvoir augmentait. Elle sentait une force nouvelle parcourir ses veines, alléger le poids de la fatigue sur ses épaules, revigorer ses muscles engourdis. Brusquement, l’harmonie de leur tablée fut brisée par un départ. La silhouette aurait pu passer inaperçue tant elle était rapide et sombre. Comme enveloppée par les ténèbres. Elle plissa les yeux, un soupir s’échappant de ses lèvres. Elle connaissait ce jeune homme plein de rage et de violence. Elle aurait aimé prétendre n’avoir rien vu, baisser les yeux vers son assiette et se taire, mais… Elle ne pouvait pas. Quelque chose la poussait à le suivre. Il avait besoin de quelqu’un. Besoin d’elle.

En silence, Marlee lui emboîta le pas jusqu’à la lisière de la forêt où il se rendait si souvent. Au loin, les rires des demi-dieux continuaient à leur parvenir. Dans quelques heures, les derniers pensionnaires videraient le réfectoire pour se rendre à leurs bungalows. A quelques mètres devant elle, la silhouette s’était immobilisée et elle lui tournait le dos. Ses pas légers réduisirent la distance qui les séparait et elle se surprit à se sentir mal à l’aise. Habituellement, c’était elle qui gênait les autres. Par son calme, par ses traits imperturbables, par sa froide indifférence. Elle ne se laissait perturber par rien, les remarques désobligeantes ne l’atteignaient pas, pas plus que les rires ou les regards apeurés. Pourtant, ce soir, elle avait le cœur battant et les mains moites. Elle n’était jamais calme lorsque Naos était trop proche d’elle. Il provoquait en elle ce besoin de fuir sans se retourner, comme s’il était un danger. Et dès qu’elle l’apercevait, elle avait envie de se rapprocher de lui pour savoir ce qu’il pensait. Il l’attirait et la repoussait. Chaque fois qu’elle lui tendait la main, dans l’espoir qu’il la saisisse et cesse de s’isoler, il la rejetait avec férocité. Chaque fois qu’elle s’éloignait de lui, il se montrait soudainement intéressé par sa personne et presque prêt à abattre quiconque se serait montré trop proche d’elle. Elle ne le comprenait pas, elle ne parvenait pas à lire en lui aussi facilement qu’avec les autres et pour cela, il l’intriguait et la dérangeait. Fourrant ses mains moites dans les poches de son veston de cuir noir, elle fit un pas de plus. « Naos. » Le prénom lui brûla les lèvres. Elle évita habilement une brindille sur son passage et avança encore un peu. Elle avait aperçu son mouvement lorsqu’elle avait élevé la voix. Il s’était raidit, comme un animal prit dans les feux d’une voiture. « Du calme, ce n’est que moi. » se sentit-elle obligée d’ajouter, sa voix basse à peine plus haute qu’un murmure. Elle s’arrêta à deux mètres du fils de Nyx et darda sur lui son intense regard orageux. Que pouvait-elle dire ? Qu’elle comprenait sa colère envers les Amazones, mais qu’elle était injustifiée ? Qu’elle voulait qu’il accepte la mort de sa sœur, qu’il la laisse enfin partir et qu’il soit en paix ? Qu’elle ne pouvait pas le laisser s’enfoncer dans les ténèbres ? Il n’aurait pas compris, pas plus qu’elle ne saisissait ce besoin de vengeance qui le consumait. Instinctivement, elle lui tendit sa main droite, ne sachant que faire d'autre. « Laisse-moi rester avec toi ce soir. » Il n'était pas seul. Il ne pouvait pas être seul.

 
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"Darkness does not equal to evil,
just as light does not always bring good"
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