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 The night is dark and full of terrors ₪ Absolem & Naos

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GRECQUE ✤ fille d'héphaïstos


MessageSujet: The night is dark and full of terrors ₪ Absolem & Naos   Sam 26 Avr - 19:39



The night is dark and full of terrors... but the fire burns them all away

Les rideaux. L'ombre. Le vase brisé. Le rouge. Le corps. Son corps. Ses cris. Ses larmes. Une porte qui claque. Une porte qui claque ? Absolem se réveille en sursaut, les draps imprégnés de sueur. Les battements de son coeur résonnent entre ses temps et d'une main moite, elle essuie les quelques larmes qui ont réussit à se frayer un chemin entre ses yeux clos. Chaque nuit, le même rêve bouscule son sommeil, mais cette fois-ci était différente. D'ordinaire, aucune porte ne claquait. Alors qu'elle retrouvait une respiration normale, elle tâtonna dans l'obscurité pour trouver la hache qui ne la quittait jamais. Cependant, au lieu de rencontrer le bois rêche de son manche, ses doigts heurtèrent le métal froid dans lequel était fait sa table de nuit. Surprise, elle aplatit sa main sur la petite table, faisant tomber quelques parchemins. La jeune femme tendit l'oreille mais aucun de ses demi-frères et demi-soeurs ne s'était réveillé. Alors qu'un instant plus tôt elle s'inquiétait d'un possible intrus dans la colonie, la peur d'avoir perdu son arme était telle qu'elle lui avait fait oublier ce pourquoi elle s'était réveillée en sursaut.

« Non, non...» murmura-t-elle le plus faiblement possible. Absolem se rassise le plus droitement possible sur son lit, ramenant ses genoux vers sa poitrine et tenta de se remémorer sa journée. Où avait-elle pût laisser sa hache ? Hors de question de retourner dormir sans sa hache. Elle se sentait stupide, si stupide d'avoir pût la laisser trainer. Puis, dans un élan de lucidité, la fille d'Héphaïstos se rappela l'avoir posée contre un arbre sur le terrain d'entrainement. Le feu qui brulait constamment dans la cheminée du bungalow d'Héphaïstos lui permettait de voir clairement dans la pièce baignée d'une lumière dorée. Absolem souleva sa couette et sortie du lit lentement, ne voulant réveiller personne. Elle attrapa une veste chaude, pendue près de sa table de chevet, et l'enfila avant de se baisser pour trouver ses chaussures qu'elle jetait paresseusement chaque soir sous son lit. Elle laça les lacets de ses baskets puis marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la porte. Au moment de refermer celle-ci, la jeune femme eut peur qu'elle grince et réveille ses camarades mais évidemment, en bonne création d'Héphaïstos, elle se ferma aussi silencieusement que possible.

Une fois dehors, Absolem fut frappée par la noirceur de la nuit. Elle était habituée à la chaleur ainsi qu'à la lumière rassurante d'un feu de bois et non pas à la froideur de la nuit. Elle serra les mâchoires et attrapa une torche près de la porte d'entrée. Presque instantanément, la sang-mêlé sentit ses muscles se décontracter. Là, elle avança dans l'obscurité, regrettant de ne pas avoir enfiler un jogging avant de sortir tant la nuit était fraîche. C'est donc en short qu'elle affronta les ténèbres. Une légère brise venait faire voler ses longs cheveux noirs. Ses sens étaient à l'affut du premier bruit osant déchirer le silence pesant de la nuit. Elle marchait, les bras croisés sous sa poitrine, la torche dangereusement près de son visage. Mais fille d'Héphaïstos, elle ne craignait pas le feu. Elle ne craignait que le noir. Sa froideur, son mystère mais plus que d'avoir peur du noir, elle avait peur de ce qui pouvait se cacher à l'intérieur de celui-ci. La jeune femme secoua la tête, essayant de chasser ses sombres pensées. Absolem passa devant les douches et leur jeta un coup d'oeil, se demandant si des personnes les utilisaient la nuit. Bientôt, elle arriva sur le terrain d'entraînement. Soulagée, elle se mise à trottiner vers le centre du terrain. La flamme de sa torche menaçait de s'éteindre, alors la sang-mêlé ralentit le pas et se faisant, trébucha sur une racine qu'elle aurait d'ordinaire évitée.

L'inévitable arriva. Sa torche tomba par terre et s'éteignit. Au même moment, Absolem heurta violemment le sol et s'écorcha le genou sur les quelques pierres qui jonchaient le terrain. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle ne rencontra que noirceur. Prise de peur, elle resta figée à terre et referma les yeux. Elle soupira bruyamment et freina un gémissement qui ne tarda pas à sortir. La panique lui empêchait tout mouvement vers l'extérieur, alors elle se recroquevilla sur elle-même. Des pensées terrifiantes défilaient dans son esprit. La jeune fille tendit le bras vers l'extérieur, cherchant à tâtons sa torche afin de la rallumer, en vain. Absolem se trouvait une nouvelle fois stupide. Stupide d'être sortie en pleine nuit, stupide de ne pas avoir réussi à attendre le lendemain, stupide d'être tombée à cause d'une racine insignifiante et stupide de rester là, recroquevillée au milieu du terrain d'entrainement. Au moins, personne n'était là pour la voir alors qu'elle commençait à pleurer.

Au bout d'une demi-heure, ce qui lui sembla des heures, la descendante d'Héphaïstos finit par se détendre. La nuit était calme et reposante, bien que sans étoiles. Elle réussit à retrouver une respiration plus posée. Absolem s'allongea alors de tout son être sur le sol irrégulier et, gardant les yeux fermés, elle se concentra sur les battements de son coeur encore trop rapides. Il fallait qu'elle rentre, mais elle ne savait pas comment. D'ailleurs, comment retrouver son chemin ? Comment pourrait-elle savoir dans quelle direction sont les bungalows sans y voir ? Absolem se sentait faible et elle détestait ça. Les larmes perlaient encore sur ses joues mais elle ne bougeait pas d'un centimètre. On aurait pût la croire morte si sa poitrine ne se soulevait pas irrégulièrement à mesure qu'elle respirait.

Alors qu'elle finissait par se calmer, un craquement proche déchira la nuit. Tout de suite, Absolem se raidit et se releva sur les coudes. La sang-mêlé ouvrit ses yeux cherchant à capter le peu de lumière que la nuit n'anéantissait pas. Un gémissement réussit à franchir la frontière de ses lèvres, elle avait peur. Elle n'osait pas encore se lever, qui sait ce qui pouvait se cacher dans la nuit au beau milieu du terrain d'entraînement d'un camp pour demi-dieux demeurés ? Ses mâchoires étaient si contractées qu'elles lui faisaient mal. Absolem entendit des pas fouler la terre sèche du terrain et recula, s'aidant de ses bras. Les yeux grands ouverts, les sens à l'affut, elle ressemblait à une bête prise dans des phares de voiture. Mais lorsqu'elle sentit une masse près d'elle son premier réflexe ne fut ni humain, ni bestial, mais bien monstrueux. Sans un mot, la demi-déesse cracha du feu. Un feu ardent que bien des demi-dieux redoutent. Un feu digne de la fille d'Héphaïstos.

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GREC ✤ fils de nyx


MessageSujet: Re: The night is dark and full of terrors ₪ Absolem & Naos   Dim 27 Avr - 16:40

Absolem ∞ Naos

The night is dark and full of terrors but the fire burns them all away
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Les respirations devinrent régulières. Le silence n’était entrecoupé que des lentes expirations des demi-dieux endormis. Il s’autorisa un soupir qui se perdit dans l’obscurité. Depuis toujours, la nuit avait su l’apaiser, l’accueillant comme une amie avec laquelle il pouvait s’abandonner sans crainte, sans retenue. Il repoussa les draps jusqu’au bout de son lit, se redressant dans une position assise. Une grimace assombrit son visage lorsque les vieilles lattes de bois grincèrent. Il retint sa respiration, immobile, le corps raidi. Seul le silence lui revint en écho. Ses muscles se détendirent un à un, répandant une sensation agréable dans tout son être. Il se leva avec une souplesse et une agilité qu’il avait toutes deux acquises au fil des ans. La fugue silencieuse des heures tardives était un exercice qu’il avait appris à maîtriser avec une infinie justesse. L’instinct de survie du loup solitaire, en somme. Comme à l’accoutumée, il se vêtit des premiers habits lui tombant entre les doigts, à savoir un short et un vieux tee-shirt flanqué à l’effigie de la colonie. Ses chaussures à la main afin de s’assurer de n’émettre aucun bruit, il se faufila en toute discrétion à l’extérieur du bungalow de Nyx, tâchant de ne pas trop attarder son regard sur le lit vide à côté du sien.

Son visage accueillit l’air nocturne avec une satisfaction non dissimulée. Un sourire enfantin vint lui traverser le visage. Une légère brise lui arracha un frisson qui tenait moins du froid que du contentement. Liberté. C’était ce sentiment qui s’insinuait jusque dans la plus profonde fibre de son âme chaque fois qu’il s’aventurait, seul, dans une escapade au milieu des ténèbres. Nul besoin de porter son masque d’arrogance, de maintenir son corps dans une position altière qui avait le don de tenir les autres à distance. La courbure que prenaient ses lèvres lorsqu’elles s’étiraient dans un sourire était un secret qu’il ne dévoilait qu’aux étoiles, ses précieuses étoiles.

Naos ferma les yeux. Une silhouette prit forme dans son esprit, celle d’une jeune fille à l’aspect frêle, dont le visage apparaissait aussi doux que sévère. Une longue chevelure noire semblait flotter autour d’elle, sous l’effet d’une brise inconnue. Ses yeux luisaient, leur couleur semblable à la nuit. Azha. Elle apparaissait souvent dans ses rêves, lui tendant une main qui s’évaporait chaque fois qu’il essayait de la saisir. Et avec cette main disparue, l’amour laissait place à la frustration, à l’abandon. Ne restait alors plus que la torture de l’éloignement auquel il avait lui-même donné sa bénédiction. La douleur qui lui tiraillait les entrailles était telle qu’elle parvenait à perturber la sérénité que la nuit lui offrait. Tête levée vers le ciel, il rouvrit les yeux sur un chemin tracé par les étoiles. Cette mince ligne qui se dessinait dans la voûte céleste était ce qui permettait aux battements de son cœur de retrouver un rythme ordonné. La certitude qu’elle vivait à son extrémité tout comme lui se tenait debout à l’autre bout de ce filet d’étoiles. Au risque de passer pour un ingrat, il n’était reconnaissant envers sa divine mère que pour un nombre limité de choses. Lui avoir légué ce pouvoir surnaturel en faisait partie.

Il se mit en marche, d’un pas assuré, suivant le chemin étoilé à l’intérieur de la colonie. Il ne savait pas vraiment quel instinct poussait ses pieds à se poser toujours l’un devant l’autre puisque sa promenade se finirait, au mieux, à l’extrémité de la barrière protectrice qui entourait l’enceinte du refuge pour les progénitures divines telles que lui. L’impression d’avancer vers cet être qu’il chérissait pardessus tout lui procurait un certain réconfort, apaisait la solitude qu’il n’avait choisie, malgré ses dires, que par défaut. Se laissant guider par la fantaisie du ciel, il parvint au terrain d’entraînement sur lequel les demi-dieux s’exerçaient au maniement des armes ou bien encore au combat rapproché. L’ambiance n’y était pas la même dans l’obscurité. Tout était calme, aucun cri ne venait déchirer l’atmosphère. L’endroit semblait paisible, innocent de tous les combats menés sur son sol dès le soleil levé. Il s’attardait, sans raison apparente, lorsqu’il l’aperçut.

Un autre don qu’il devait à Nyx était celui d’être nyctalope, c’est à dire qu’il voyait clairement dans le noir. A quelques dizaines de mètres de lui se détachait distinctement le corps d’une fille, étalé de tout son long sur le sol irrégulier. La vision vint perturber ses pensées, déversant dans son cerveau un millier de scénarios étranges. Un coup d’œil vers le ciel, plus obscur que jamais, lui indiqua que la distraction lui avait fait perdre la trace de sa sœur. Un faible juron franchit la barrière de ses lèvres, mais la curiosité fut victorieuse. Intrigué, il s’avança silencieusement jusqu’à pouvoir distinguer le soulèvement de la poitrine, synonyme de vie. Il fit volontairement craquer une branche sous ses pieds afin d’annoncer sa présence. Naos ne comprenait pas ce qui le poussait vers la demoiselle, lui qui d’ordinaire était plutôt désireux de tranquillité. Simplement, bien qu’il ne prêta pas une trop grande attention à ses compagnons de bungalow, il était absolument certain que ce corps-ci n’appartenait pas à un enfant de la déesse de la nuit. Et qui d’autre qu’eux pouvait être désireux de s’échapper du confort d’un lit douillet au profit de la pénombre extérieure ? Le mystère avait éveillé son intérêt.

Tout se passa très vite, il n’eut pas le temps de comprendre. Alors que ses pas réduisaient la distance le séparant de la demoiselle, celle-ci se redressa brusquement sur ses coudes avant de reprendre appui sur ses pieds dans une position verticale. Sa méfiance légendaire lui sauva la peau lorsqu’il se recula d’un mouvement instinctif. Pas plus d’une seconde plus tard, des flammes ardentes déchirèrent la pénombre, pile à l’endroit qu’il venait de quitter. Ses yeux ne se détachèrent pas des flammes, il était tout aussi fasciné qu’apeuré. Il aurait complètement oublié la fille, s’abandonnant totalement à la folle lueur dorée, si ses yeux ne vinrent pas lui apprendre avec horreur qu’elle était directement issue de la bouche de la mystérieuse demi-déesse. Il se rappela brutalement de l’endroit dans lequel il se trouvait, et se mit à hurler comme s’il sortait d’une transe, les yeux toujours écarquillés. « - Mais tu es complètement tarée ! » L’émotion ne lui permit pas de trouver des paroles plus distinguées. Son cœur battait la chamade, prêt à exploser sa cage thoracique afin de s’en libérer. Il se força à oublier les flammes, à rechercher l’éternel apaisement de la nuit. « - Ça te prend souvent d’attaquer les gens à l’improviste comme ça ? Je n’allais pas essayer de te tuer merde ! » Il sentait encore sur lui une chaleur désagréable, trop prononcée. Un coup d’œil rapide à son bras gauche lui révéla les marques rouges d’une brûlure superficielle. Il continua à pester sur un ton fou, contre elle, contre le feu, contre l’univers entier qui conspirait à rendre ses nuits adorées invivables. Un retour au calme semblait impossible. « - Et puis d’abord, t’es qui ? Et qu’est-ce que tu fous dehors en pleine nuit ? T’es trop bête pour rester dans ton lit, là où tu risques de ne tuer personne ?! » Il crachait ses mots comme un venin acerbe, l’esprit trop embrouillé pour penser à autre chose que la colère qui bouillonnait en son fort intérieur.
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MessageSujet: Re: The night is dark and full of terrors ₪ Absolem & Naos   Lun 28 Avr - 18:19

The night is dark and full of terrors

but the fire burns them all away
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Une brise légère décoiffa Absolem. Ses cheveux se soulevèrent et une mèche vint se coincer à l'extrémité de ses lèvres. D'une main tremblante, elle repoussa celle-ci et la cala derrière son oreille. La sang-mêlé était effrayée mais n'en montrait aucun signe. Elle voulait paraître forte, puissante, et froide. Mais le feu qui brule en elle la trahissait à chaque instant. Ses yeux fixés dans l'obscurité, elle chercha du regard d'où provenait le cri que ses flammes avaient engendré. Même si elle détestait de tout son être sa condition de demi-déesse qui l'avait irrémédiablement éloignée de sa mère et temporairement, elle l'espérait, de son frère, elle remercia son père de lui avoir fait don d'un tel pouvoir.

Ses pupilles bleues opales cherchaient désespérément un endroit où se poser, mais dans le noir de la nuit, tout se ressemblait et elle ne distinguait pas le jeune homme pourtant à quelques mètres d'elle. " Pardon ?! " fut tout ce qu'elle réussit à dire, lorsqu'il l'accusa d'avoir perdu la raison. " Depuis quand on ne s'annonce pas avant de surprendre une personne qu'on ne connait pas dans le noir ? " elle appuya ses derniers mots, de manière à faire culpabiliser son interlocuteur. Elle avait beau être une sang-mêlé et une occupante de la colonie depuis plusieurs années, elle ne s'était toujours pas habituée aux différents dieux et pouvoirs que pouvaient avoir leurs enfants. Tout cela n'était, pour Absolem, qu'une blague que les dieux jouaient à l'humanité. Elle ne trouvait jamais assez de motivation pour traîner avec des enfants d'Athéna qui ne se taisait jamais lorsqu'on avait l'audace de leur poser une question. Et en cet instant, la jeune fille regrettait de ne pas avoir été plus curieuse et plus impliquée dans sa vie de demi-déesse. " Ta mère ne t'a pas appris les bonnes manières peut-être ? " ragea-t-elle, furieuse. Bien plus qu'elle n'aurait aimé l'être. La frustration qu'elle avait jusqu'ici refreinée se transforma peu à peu en colère. Absolem finit par baisser les bras et cessa de chercher à trouver où pouvait être l'imbécile qui avait voulu lui jouer un mauvais tour. Elle soupira furieusement, faisant jaillir  à nouveau quelques étincelles accompagnées de nuages de fumée d'entre ses lèvres. " Ça te prend souvent d’attaquer les gens à l’improviste comme ça ? Je n’allais pas essayer de te tuer merde ! " Pesta le sang-mêlé. Elle laissa échapper un léger rire qui résonna harmonieusement dans l'air frais du terrain d'entrainement. " Te tuer ? " répéta-t-elle en arquant un sourcil, le regard espiègle.  Puis elle ajouta accompagnant ses paroles d'un grand sourire qu'elle ne réservait qu'à très peu de personnes. " Si j'avais voulu te tuer, tu serais déjà mort. " Elle n'en doutait pas, et l'assurance qui se lisait dans le ton qu'elle venait d'employer mêlée à son large sourire qu'elle pensait invisible dans les ténèbres lui donnait un air inquiétant. Absolem avança de quelques pas, espérant ne pas heurter celui à qui elle parlait. Les larmes sur ses joues n'étaient qu'un vieux souvenir à présent, même si la course de quelques unes avait laissé des traces sur ses pommettes.

Elle avait beau se repasser tous  les noms des  dieux qu'elle connaissait, aucun ne semblait apprécier la solitude et la nuit. Si bien qu'elle finit par se demander ce qu'il faisait dehors à une heure si tardive, et surtout, seul. Etant sûre qu'il ne voyait pas son visage, Absolem s'accorda une seconde pour effacer les derniers sillons humides sur ses joues rosées. Elle était reconnaissante de la noirceur de la nuit, bien que celle-ci ne crispe les traits de son visage, car sans elle, la peur constante qui l'animait se serait faite remarquer. Du bout des pieds, la sang-mêlé raclait le sol à la recherche de sa torche qu'elle espérait rallumer un jour. La jeune femme ne l'entendit que d'une oreille lorsqu'il lui demanda vulgairement de se présenter. La voix paraissait distante, si bien qu'elle se retourna instinctivement pour lui répondre. " Et toi alors ? Tu serais pas un peu débile pour traîner dehors à une heure pareil ? ". Vexée de s'être faite insulter, elle rajouta plus pour elle que pour lui. " Tu ne me connais pas, ne t'avises pas de me dire que je suis bête, sale con. ". Qu'il ne l'entende pas ou qu'il boive ses paroles, elle s'en fichait. Tout ce qu'Absolem voulait, c'était être seule, retrouver sa torche et sa hache, et retourner dans son lit.

Fatiguée dans tâtonner dans le noir, elle prit son courage à deux mains et avança dans l'obscurité. Elle finit par s'écrouler une nouvelle fois, se prenant les pieds dans ce qui semblait être un bout de bois. Son corps heurta le sol dans un bruit sourd auquel elle ajouta un " Putain ! " bien sonore. Une fois à terre, elle s'assit, n'osant plus bouger et shoota dans une pierre. Elle se ridiculisait un peu plus de minute en minute. Elle bouillonnait. Elle n'en pouvait plus. Tout ça pour une histoire de hache... Absolem ignora le garçon à qui elle ne voulait décidemment pas parler. Elle ramena ses mains sur son crâne qu'elle serra de toutes ses forces, frustrée, elle ne répondait plus de rien.

Doucement, elle lâcha prise et ses mains vinrent se loger sur son visage. Ses muscles raidis lui faisaient mal, elle avait froid, elle était fatiguée, elle avait peur de ce qu'elle ne voyait pas, un imbécile venait lui faire la causette alors qu'elle se trouvait dans une situation gênante, c'était un tout qu'elle ne supportait plus. " Merde..." geignit-elle à peine plus fort que le bruit des lointaines cheminées du bungalow d'Héphaïstos. " Merde..." répéta-t-elle. Ses yeux auparavant seulement humides finirent par lâcher prise et des larmes commencèrent à perler entre ses doigts fins. Soudainement, elle parut aussi faible et frêle qu'une petite fille. Dans un murmure, la sang-mêlé entendit le souvenir de sa mère lui chanter la même chanson encore et encore. Elle repensa à elle, à Ernest, à Héphaïstos... À Nyx.

Brusquement, Absolem se leva. Elle sentit la panique la prendre à la gorge et comme une vieille amie lui susurrer la honte à l'oreille. Figée dans la nuit, elle s'adressa au jeune homme, d'une voix ferme. " T'es un fils de Nyx, n'est-ce pas ?" Elle s'emporta. "Pourquoi j'y avais pas pensé avant ! Je suis bête, mais bête..." Elle fulminait contre elle, contre sa bêtise, contre lui qui avait été témoin de sa faiblesse. Elle voyait rouge. La sang-mêlé serra les dents, elle n'aimait pas parler, encore moins à d'autres demi-dieux. Elle se contenta de serrer les poings si fort que les jointures de ses mains tournèrent au blanc. Le feu brûlait derrière ses yeux habituellement froids qu'elle avait fixés dans les ténèbres. Elle finit par souffler, aussi déterminée que jamais " Ne t'approches pas de moi. ". Plainte déguisée en menace.

Sur ces mots, elle qui avait peur du noir, elle qui se prenait constamment les pieds dans les racines du terrain, elle avança la tête haute, les épaules droites. Droit vers les bungalows d'où elle arriva finalement à décerner les torches brûlants à chaque porte d'entrée. Son coeur avait beau battre plus fort que jamais, elle savait quand se retirer. Fière, elle était partie sans un mot. Il l'avait vu sous son plus mauvais jour. Il en avait trop vu.  
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MessageSujet: Re: The night is dark and full of terrors ₪ Absolem & Naos   Jeu 1 Mai - 15:25

Absolem ∞ Naos

The night is dark and full of terrors but the fire burns them all away
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Les flammes ardentes s’estompèrent dans la nuit, laissant l’obscurité reprendre la totalité de ses droits sur le paysage. Instantanément, Naos sentit ses muscles se détendre un à un dans l’ensemble de son corps. Fermant les yeux, il prit une seconde pour apprécier le contact de la fraîche brise sur son visage, ne se souciant nullement de son allure ou de ses cheveux ébouriffés. Les battements de son cœur reprirent un rythme ordonné, restant docilement enfermés à l’intérieur de sa cage thoracique qui ne menaçait plus d’exploser. Les derniers signes de terreur disparurent lorsqu’il rouvrit les yeux sur la pénombre. Le feu ne l’avait jamais terrorisé, mais la demoiselle l’avait pris par surprise, le piégeant vilement alors qu’il se complaisait dans la noirceur. Il se sentait offusqué, piqué à vif, attaqué dans son propre territoire.

Un picotement de son bras le fit sortir de ses pensées. L’adrénaline passée, il sentait la douleur de la brûlure s’insinuer dans chacune des fibres du membre. Il se mordit les lèvres afin de rattraper le juron qui menaçait de sortir, serra les mâchoires et s’obligea au calme. L’insolente qui répliquait déjà par des piques acerbes n’avait en aucun cas le besoin d’être informée qu’il avait été blessé. « - Rectification. Tu crois sincèrement que si j’avais voulu masquer ma présence j’aurais fait tout ce boucan de craquements de branches ? » Il n’attendait pas de réponse, se contentant de hausser les épaules en oubliant que la demoiselle ne percevait sûrement aucun de ses gestes. S’il n’était pas aussi vexé il aurait presque pu en rire. Une vie de solitaire permet de développer quelques habilités. Le jeune homme était aussi silencieux qu’une ombre, se faufilant partout, telle une anguille, une fois la nuit tombée. La compagnie des demi-dieux était pour lui tout aussi déplaisante que celle des mortels dans le monde extérieur à la barrière protectrice. En arrivant à la colonie, le gamin avait eu l’espoir d’une nouvelle vie, de repartir sur des bases plus saines, mais les traumatismes avaient été ancrés si profondément qu’il se découvrait incapable d’un quelconque mouvement de sociabilité à l’égard de qui que ce soit. La solitude était un pilier duquel il ne pouvait plus se défaire, au risque de s’écrouler et de se mener lui-même à sa propre perte. Le ton glacial avec lequel il s’exprimait était, au fil du temps, devenu rien de moins que son timbre d’expression normal, dissuadant ainsi même les plus courageux à essayer d’établir le dialogue. Cependant, l’audacieuse semblait l’ignorer, le déchirant entre colère et lassitude. Les piaillements stupides des volailles ne cesseraient-ils donc jamais ? « - Cela nous fait un point commun. Quoique ma mère ait une excuse, mais la tienne ? Elle est simplement aussi dérangée que toi ? » L’insulte était gratuite, et entièrement désobligeante. Il ne considérait pas réellement Nyx comme sa mère. Il avait conscience de ce lien biologique qui les unissait puisqu’il usait fréquemment des pouvoirs qu’il avait laissé en lui, mais la divinité de la nuit n’avait rien de maternel à ses yeux. Il devinait en revanche que l’inconnue devait son ascendance divine au dieu du feu, et avait par conséquent fait l’expérience d’une mère mortelle.

Ses yeux allèrent pour la première fois se poser réellement sur la demoiselle qui lui faisait face. Ce qu’il découvrit le saisit d’effroi. Le ton arrogant et le sourire carnassier qu’il n’avait jusque là que survolés laissèrent peu à peu place à une expression plus triste. Des sillons de larmes séchées apparurent sur ses joues, plus inquiétants encore que l’assurance feinte qui leur avait précédé. Une remarque lui brûlait les lèvres, mais il se les mordit au dernier moment, s’imposant au silence. Elle pouvait bien croire ce qui lui plaisait, il n’en avait cure. Le fait qu’elle puisse se penser, ne serait-ce qu’un instant, en mesure de le tuer dans son propre royaume lui arracha presque un rire fou. Il était un enfant de la nuit, il possédait l’avantage du terrain, distinguait chacun des faits et gestes de son opposante qui, elle, semblait peiner pour trouver ne serait-ce qu’un endroit ou fixer son regard. Il était évident qu’elle avançait à l’aveuglette, manquant de trébucher à chaque pas, guidée simplement par le bruit de ses paroles. La prudence lui recommandait cependant de rester sur ses gardes, tout désarmé qu’il était face à une créature capable de cracher des flammes. Lui ne possédait aucun pouvoir offensif, et son arc argenté reposait sous son lit au fond du bungalow réservé aux enfants de Nyx.

La voix distante vint encore le tirer de ses tergiversions. Comment venait-elle de l’appeler ? « - Au moins je n’ai pas peur du noir, moi. » Le ton se voulait glacial, cassant. Il essayait de paraître assuré là où il ne faisait qu’une supposition. Une torche éteinte jonchait le sol à quelques pas de la demoiselle dont la panique semblait soudain s’expliquer. Les larmes, les flammes, le ton agressif, tout prenait forme dans son esprit et il tenta de retourner ces éléments comme une dague acérée face à la demi-déesse qui était à présent livide. Il la voyait tâtonner dans l’obscurité, la pauvre ignorant sans doute qu’il ne manquait pas l’un de ses gestes, que sa silhouette se détachait de la noirceur tout à fait distinctement à ses yeux. Aussi lui fut-il facile de prévoir ce qui ne manqua pas d’arriver. Une seconde fut suffisante pour la faire basculer, et un bruit sourd ponctué d’un juron brisa l’harmonie de la nuit lorsque le corps de la jeune-fille vint s’affaler sur le sol qu’elle avait fraichement quitté. Naos ne put cette fois-ci pas retenir la pique qui lui brûlait autant les lèvres que le feu précédemment sur son bras. « - Qui est-ce qui a l’air débile maintenant, hein ? » Il ponctua ses paroles d’un rire mauvais, qui finit étranglé dans sa gorge à mesure qu’il prenait conscience de la terreur de celle qui lui faisait face. Recroquevillée sur elle-même, les mains cachant sa figure, elle perdait toute l’arrogance qui l’avait jusque là habitée. Elle n’était qu’une minuscule enfant perdue dans l’immensité de la nuit, et cela semblait la terrifier.

Il allait esquisser un mouvement dans sa direction, prêt à lui apporter une main secourable afin de la remettre sur ses pieds, mais elle devint subitement comme folle. Semblant prendre conscience de son identité, et du fait qu’il n’avait pas manqué un instant du spectacle qu’elle lui avait offert, elle se releva paniquée, la honte la faisant se murmurer des insultes envers sa propre personne. Naos restait figé, ignorant de quelle manière il était préférable de réagir. La rencontre l’avait abasourdi, si bien qu’il ne s’étonna même pas de la voir prendre ses jambes à son coup en direction de la lumière rassurante des bungalows avant qu’il n’ait pu prononcer le moindre mot. Ramassant la torche qui jonchait le sol, il se laissa aller à terre, la faisant tourner dans ses mains. La colère le quittait peu à peu, laissant son sang se refroidir. Il se sentait étrangement intrigué. La demoiselle dont il ne connaissait même pas le nom avait éveillé sa curiosité. Que faisait-elle dehors en pleine nuit si l’obscurité semblait tant la terrifier ? Sa personnalité de feu était venu l’éveiller, si bien qu’il ignorait à présent jusqu’aux raisons qui l’avaient poussé jusque ici. Ses mains se refermèrent fermement sur le flambeau éteint. Il se promit de le rapporter plus tard à sa propriétaire dans l’attente de réponses aux questions qui lui tourbillonnaient en tête.
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The night is dark and full of terrors ₪ Absolem & Naos

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